Le jour où son papa a repris le boulot, A. s'est transformée en une sorte de petit diable jaloux, exténuant, à la limite de la méchanceté avec moi, faux-jeton avec sa sœur. J'ai cru que j'allais mourir et l'Indien a cru que je faisais une dépression post natale.
Il s'est rendu compte en vacances que ce n'était pas une dépression, que c'était juste la réalité qui était compliquée.
Vers le milieu de notre semaine de vacances, cela a commencé à s'améliorer. Ce n'est pas le top. Le coucher reste difficile et l'ange Adèle est clairement en veilleuse pour le moment. Mais je ne pleure plus en fin de journée, je ne pète plus de case comme j'ai pu le faire il y a trois semaines.
Malgré tout, j'ai peur. Parce que ce mieux, c'est quand on est deux a la maison. Bientôt, l'indien fait une session de boulot de quinze jours non stop (quand je dis non stop, je veux dire 7/24; je veux dire qu'il disparaît de vendredi 18 à vendredi 31) et je suis une boule d'angoisse à l'idée de cette difficile reprise.
La crèche d'A. est fermée trois semaines fin juillet (donc en même temps évidemment). Comme ils refusent de mettre quoi que ce soit en action pour la continence, je profite de ces semaines pour la laisser vivre cul nu. Cela fait donc deux jours et c'est un échec total, il faut bien l'admettre. Elle pose ses fesses sur le pot pour pouvoir jouer au jeu du pot sur ma tablette, se lève et va tranquillement pisser sur mon lit ou dans les interstices du canapé. Tant pis. Faut que je le fasse. En plus, l'indien est stressé par la moindre sortie sans couche, donc je dois le faire quand il n'est pas là sinon au revoir ma résolution de tenir le coup.
Je me le disais souvent avant, mais là je n'arrête pas : je suis une mauvaise mère. En tous cas pour le moment. Une mère fatiguée, qui menace sans tenir, qui ne pense qu'à caser son aînée chez des grands parents ou la baby sitter quand le père est absent, qui stresse à fond pour le pot au lieu de le vivre légèrement, qui cède sur un tas de trucs parce qu'elle a une numéro deux en train de prendre le sein et qu'elle ne sait pas faire autrement (enfin je m'en convaincs, mais évidemment que je pourrais faire autrement, je suis pas la première à avoir deux mômes quand même). Ma fille aînée est en train de me monter sur la tête et moi qui gère des ados hyper compliqués toute l'année, je ne parviens pas à l'éduquer. Triste constat.
Je trouve l'indien très jugeant et je n'en peux plus de ses regards qui en disent long sur son opinion. Il essaie de faire beaucoup ici avant de recommencer le boulot, mais j'ai l'impression que cela ne sert qu'à ajouter de l'eau au moulin de ses reproches. Pour lui, "des tas de femmes l'ont fait avant moi" donc il ne voit pas où est le problème.
Je me répète en boucle le mantra "ça va passer" mais j'attends comme le graal la rentrée scolaire. Enfin si on veut bien d'A. Donc si elle est continente. Vous voyez où je veux la boucler, hein, la boucle?
(Allez, pour le reste, c'est vraiment super facile avec B.)
(Mères qui y arrivez, vous êtes mes idoles même si je vous déteste un peu. Mères de jumeaux - hein elm, hein mamandemafilleule - vous êtes mes dieux, c'est tout)