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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 21:53

 

Je croyais qu'un enfant serait l'aboutissement ;

Je ne comprenais pas tous ces couples qui passaient par une crise (voire se séparaient) avec un tout petit ;

Je pensais qu'un enfant règlerait les peurs de devenir père de l'Indien.

 

Et je me gourais.

 

1. Avoir un enfant est un inégalable bonheur, d'autant plus qu'il réalise partiellement mon envie d'avoir une grande famille. Et encore plus parce que j'ai longtemps été persuadée que je ne verrais même pas le début de ce rêve se réaliser. Mais, aussi difficile à lire cela puisse-t-il être pour une primi-PMette, non, on ne se "contente pas" d'un enfant juste parce qu'on est infertile. On a les mêmes rêves que toutes. Juste qu'on a appris que 1 c'était bien bien bien mieux que pas. Mais quand on pense 2, 3 (4!), et bien... subsiste un manque.

 

2. Je comprends mieux tous les éclatements amoureux, quand il y a tant de nouvelles choses à trouver, à créer entre deux personnes qui pensaient se connaître. Mais pas sous la fatigue, pas dans les mésententes familiales plus larges, pas face aux questions devenues bien plus cruciales de l'avenir (géographique, professionnel...)

 

3. Et, le plus dur, l'Indien ne "se sent pas prêt à avoir un deuxième enfant". Moi qui me donnais l'impression d'être patiente et raisonnable quand je reportais mon désir instinctif d'un deuxième aux 2 ans et demi d'A., quand plutôt que de me lancer tête baissée en risquant une seconde fois mon job, j'attendais la nomination (=CDI de prof belge) et imaginais accoucher dans des dates raisonnables pour prolonger décemment mon congé maternité potentiel...

 

Il paraît que je suis

Impatiente.

Déraisonnable.

Calculatrice.

Voire menteuse quand j'affirme que nous étions d'accord sur le sujet.

 

Il paraît

que l'arrivée d'A. a mis en lumière les difficultés de combiner sa vie professionnelle et sa vie de famille.

qu'il s'est rendu compte de l'indisponibilité et surtout de l'incompétence de sa famille, près de qui pourtant nous avons acheté notre logement.

que ledit logement (voiture/compte en banque/tout ce que vous voulez) ne pourrait pas abriter une âme de plus (je le pense également, mais l'Indien-citadin m'avait convertie à la potentialité des lits superposés pour enfants superposables)

 

Il paraît que nous sommes trop fragiles pour devenir 4.

 

Je suis passée de la colère

 

"Si ton boulot ne va pas avec le fait d'avoir un enfant, ce à quoi il faut renoncer, ce n'est pas l'enfant"

"Ta mère ne va pas pourrir ma vie au point de devenir un argument pour ne pas avoir d'enfant"

"Je vis dans cette ville par compromis, parce que j'ai pensé que je serais plus heureuse avec notre famille ici que sans ailleurs"

 

à la résignation

 

"tu as raison, un enfant se fait à deux, je n'ai pas à t'y obliger. Toutefois, les décisions que tu prends vont à l'encontre de mes valeurs fondamentales" (et j'ai passé une journée à faire des comptes, des plans, à me chercher un appart dans le quartier)

 

à la tristesse la plus profonde.

 

 

Je suis là

 

Chez moi

 

Seule comme trois soirs (et grâce à un "super changement horaire", bientôt quatre) / semaine

 

A n'être plus sortie depuis des lustres parce que, les seuls soirs où il est là, je les lui réserve ; ceux où il n'y est pas, je ne peux plus compter sur BM (elle veut toujours bien venir, mais pas le mercredi, pas le vendredi, pas le samedi ; et si elle vient ne veut plus changer A. Vous avez bien lu. Elle ne lui donne pas non plus ses traitements contre la bronchiolite. Et rit beaucoup quand A. mange ses biscuits, donc lui a donné 5 la dernière fois. Et ne veut plus la changer, voyez la scène, les maux d'estomac et l'état de la couche à mon retour)

 

Dans une ville que j'ai adoré habité en célibataire mais que je m'étais toujours refusée à habiter en famille

 

A une semaine d'une réunion dans laquelle la compagnie de théâtre que j'avais fondée risque d'être dissoute (j'ai aussi fait la concession d'un arrêt théâtre "car dans la vie il faut faire des choix", sic)

 

Vide, vidée.

 

 

Je ne veux pas en parler autour de moi (never explain, never complain, et surtout éviter de faire les choux gras des gens - toi aussi sors grandie d'une expérience PMA).

Je ne veux pas continuer à vivre de cette manière.

Je ne veux pas faire la concession d'attendre, attendre encore sans certitude de rien alors que de mon côté je calcule ma vie pour ma famille en fonction de ses choix de vie à lui.

 

 

Ce à quoi il rétorque que son job, c'est son seul choix (c'est vrai. Il est casanier à mort. Il ne manquerait plus que ça). Mais si je ne m'abuse je ne lui ai pas fait d'enfant dans le dos, ça aussi c'est un choix.

 

Ce à quoi il rétorque que je l'ai épousé en connaissance de cause (c'est vrai. Et ma cause à moi, c'était vivre en meute de copines, blinder mes w-e de théâtre, et monter projet fou sur projet fou) (Je ne regrette pas une seule seconde les moments où je fais l'impasse sur certains de ces aspects pour être auprès de ma fille. Je regrette toutefois de devoir passer sur TOUS ces aspects pour le job de mon mec. Car, soyons claire, si l'Indien était comme beaucoup d'hommes libres les soirs de semaine, je me réjouirais d'un seul et en passerai encore 6 en famille. Soit 3 de plus qu'aujourd'hui). Connaissance de cause, mais cause qui change...

 

Ce à quoi il rétorque qu'on n'est quand même pas les seuls au monde à vivre ça. C'est vrai. Et d'ailleurs, ma résolution 2013, après avoir pensé sournoisement "lui faire quitter son job", a été "m'adapter à ce job puisqu'il le rend heureux".

 

Mais pas s'il passe au statut d'argument pour ne pas avoir de deuxième enfant.

 

Alors il dit pour clôturer "non mais ce que j'ai voulu dire c'est "pas tout de suite" "

Je n'y crois pas.

 

C'était la phrase phare quand j'ai voulu un second enfant vite, sans réfléchir aux implications (le fric, la gestion du quotidien, les nuits en pointillés d'A.). J'ai acquiescé.

Mais j'ai plus envie. J'en ai marre d'acquiescer à tout et, en même temps, de passer pour la chieuse qui décide de tout.

 

Mon A. grandit tellement vite... Je sais que dans un an elle aussi sera prête. Je sais que c'est un cadeau plein d'amour que de faire d'elle une grande soeur, que de faire grandir ses possibilités d'avoir ce lien merveilleux avec un frère ou une soeur. A-neige.jpg

 

 

 

 

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Published by M'Dame PMA - dans Mars et Vénus en PMA
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commentaires

marlysa 02/05/2013 08:24

est ce que ça évolue? comment vas tu? tu n'as plus envie d'écrire? des pensées pour toi en tout cas...

M'Dame PMA 25/07/2013 11:11



Difficile de prendre le temps ;-)


Merci d'être tjs là!



Elm orme 16/04/2013 13:00

Coucou! J'espère que ça va mieux. Je pense souvent à toi, à vous ...
Gros bisous

M'Dame PMA 29/04/2013 19:38



Mail suit :-) bisous, moi aussi même si je me fais longue.



Clarissette 26/03/2013 14:18

Ohlàlà.... Comme le temps passe (je sais, c'est pas bien original comme réflexion !) ! Déjà un mois que tu as publié cet article ! Je l'avais lu qqes jours après et n'avais pas eu le temps de
laisser un petit mot tout de suite... (Deux enfants en bas âge, un déménagement sur le feu, une belle grosse entorse,.... bref !) Résultat : nous voilà un mois plus tard ! Comme quoi, quand on ne
commente pas tout de suite....
Cela ne m'a pas empêché de penser très fort à toi ces derniers temps....
J'espère sincèrement que tu vas mieux, que vous allez mieux.....
Eh non, l'arrivée d'un enfant ne résout rien et peut amener son lot de doutes et de questions au sein du couple....
Ici, nous en avons traversé, des crises.... avant l'arrivée des enfants... et après aussi ! Les deux-trois mois qui ont suivi les deux naissances ont été chauds et c'est peu de le dire !
Et pourtant...., je vous souhaite du fond du coeur de vivre la même chose que nous.... Un an avant la naissance de notre petit gars, lors d'une grosse dispute, mon homme m'a dit qu'il pensait
sincèrement que l'idée d'un deuxième enfant était très mauvaise ! Trois mois plus tard, un miracle a eu lieu et, contre toute attente, j'étais enceinte.... (pcq mon homme a eu beau dire..., je n'ai
jms repris de contraception ! Maintenant, j'avoue : si ce miracle n'était pas arrivé, je ne sais pas où on en serait aujourd'hui...., car je pense que j'aurais dôlement dû pousser mon homme au c...
pour retourner en PMA !!!! Bref, ce bb couette nous a drôlement simplifié la vie.... surtout la mienne ! ). Et bien que très surpris (!), mon homme fut aussi très très très heureux de cette
nouvelle ! Et même si c'est loin d'être simple et rose tous les jours...., nous sommes aujourd'hui en général heureux, tous les quatre.... (Ceci dit, on est aussi sûr et certain de ne pas vouloir
de troisième ! Mon homme a dit un jour en boutade que notre couple n'y survivrait pas ! Et il n'a pas complètement tort, je crois !)
Bref....
Douces pensées à toi.....
Au fait, tu as tout à fait raison quand tu écris que c'est un cadeau plein d'amour que de faire de votre belle A. une grande soeur.... Ah.... quand je vois mes deux loulous se faire des câlins et
des sourires, quand je les entends rire aux éclats, tous les deux...., je fonds !!!!!

M'Dame PMA 25/07/2013 11:11



Le rêve : un grossesse miracle... C'est le plan de l'Indien... Mouais...


Bises!



Plume 26/03/2013 10:47

Oh oui, dis donc ! Qu'est-ce qu'elle a poussée ta fille. Elle est magnifique.

M'Dame PMA 25/07/2013 11:12



Merci... :-) (dit la mère poule super fière)



marlysa 21/03/2013 12:04

Coucou, est ce que ça va mieux depuis ton dernier post? bisou

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